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Bienvenu sur le blog de Nord Charente ULM, le blog des passionnés d'aviation et plus particulièrement des ULM. Venez nous rejoindre et découvrir la passion du vol.

Le blog de Nord Charente ULM

Bienvenu sur le blog de Nord Charente ULM, le blog des passionnés d'aviation et plus particulièrement des ULM. Venez nous rejoindre et découvrir la passion du vol.

L’aviation légère et sportive, chiffres et statistiques : quelle évolution en 20 ans !

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Vu les conditions météo de ces derniers jours, j’ai décidé de faire un plongeon dans mes archives ulmistes et notamment dans ma collection des anciens numéros de la revue Ailes Magazine qui paraissait dans les années 90.

J’ai donc ouvert la reliure qui contient les revues de l’année 1993. Quelle surprise lorsque j’ai relu un article sur les statistiques de l’année 1991 (et oui il y avait un décalage entre les stats et leur publication par le S.F.A.C.T Service de la Formation Aéronautique et du Contrôle Technique qui n’existe plus au sein de la DGAC et a été remplacé par autre chose).

En 1993, l’aviation générale regroupait environ 72 000 pratiquants répartis dans 1073 associations (vol à voile, vol moteur, ULM, ballons etc…). Ainsi au cours de l’année 1991, les aéro-clubs enregistraient une légère baisse d’activité (1,5%) avec plus de 973 000 heures de vols effectuées par les 50 370 pratiquants fédéraux et le parc d’avions était de 6665 appareils immatriculés dans les aéro-clubs.

Coté ULM, le parc faisait état de 5872 appareils pour 5800 pratiquants. Rappelons qu’à l’époque, les ULMs étaient recensés auprès des Districts Aéronautiques. Coté heures de vol réalisées en ULM, une estimation avait été faite à l’époque, elle représentait 106 000 heures de vol en 1991.

En un an, les ULMs étaient passés de 5000 appareils identifiés à 5846 appareils à fin 1991.

Dans les archives de l’Aviation Civile, en 1986, on comptait 5576 brevets de pilotes ULM délivrés et au 1er Janvier 1992 il y avait 17 258 brevets ULM enregistrés ! Une belle progression, il faut le dire.

Coté du coût des heures de vol pour l’année 1991, le prix moyen d’une heure de vol en avion léger coûtait environ 700 francs (106 €) et le coût moyen d’une heure de vol en ULM était annoncée à 350 francs (53 €). Attention, ces prix correspondent au cout de la vie en 1991.

Et aujourd’hui 20 ans après, que représente l’Aviation Légère et Sportive ?

Selon la DGAC (Direction Générale de l’Aviation Civile) pour l’exercice 2009-2010, les titres aéronautiques valides au 31 décembre 2010 se répartissent comme suit :

  • Licences de pilotes privés avions (ex TT) : 6786 en 2009 et 5799 en 2010 : évolution –15 %
  • Licences européennes de pilote privé avion JAR FCL PPL(A) : 21 454 en 2009 et 21 979 en 2010 soit une progression de 2%.

Pour faire plus clair, vous savez qu’auparavant les pilotes privés avions étaient titulaires d’une licence nationale appelée TT délivrée par l’Aviation Civile.

A partir de 1981, l’Europe a décidé d’avoir une licence de pilote européenne et tous les pilotes ont été appelés à convertir leur licence nationale TT en licence européenne PPL(A) qui signifie Private Pilot Licence. Aussi, tous ceux qui ont une licence franco-française appelée TT (signifiait à l’époque Titre Tourisme pour les pilotes privés) doivent la transformer en licence européenne avant avril 2014, faute de quoi, ils n’auront plus de titre pour piloter ..et redeviendront de simples piétons !

Donc la population de pilotes privés français est estimée fin 2010 à environ 27 780 pilotes avec une licence valide.

  • Licences de pilotes ULM : 60 523* brevets délivrés jusqu’en 2009 et 62 471* brevets jusqu’en 2010 soit une progression de 3 % !

Concernant les associations de vol moteur, la France compte fin 2012 environ 578 aéro-clubs, 1926 avions en propriété répartis sur le territoire pour 40 680 pilotes licenciés et 554 401 heures de vols effectuées auprès de la Fédération Française Aéronautique alors que pour l’ULM on note 750 associations affiliées FFPLUM pour 14 221 pilotes licenciés et 800 plates formes ULM.

Quel constat ?

Tout simplement que l’engouement pour l’ULM n’a pas cessé depuis ces dernières décennies alors que l’aviation “traditionnelle” a subi de nombreuses transformations.

En l’espace de 20 ans, les heures de vols réalisées en aéro-club ont chuté de 43 %, le nombre d’avions en propriété d’aéro-clubs est aujourd’hui de moins de 2000 appareils pour plus de 6000 avions en 1993… et aujourd’hui on dénombre 9690 licenciés de moins à la FFA (Fédération Française Aéronautique). Triste constat.

Coté ULM, en 20 ans, le parc a progressé régulièrement. Ainsi fin 2012, la DGAC a publié les chiffres d’appareils identifiés en France, soit 13 506 ULMs :

  • 5068 paramoteurs (progression du parc de +9 % par rapport à 2011) soit 38 % du parc ULM
  • 2530 pendulaires (évolution négative -5 % par rapport à 2011) soit 19 % du parc ULM
  • 5334 multiaxes (progression +1,3% par rapport à 2011) soit 39 % du parc ULM
  • 535 autogyres (progression + 13 %) soit 4 % du parc ULM
  • 29 hélicoptères UL
  • 10 aérostats

Que penser de tout ça ? Je vous laisse libre d’interpréter ces statistiques mais il y a de multiples raisons ; délaissement de l’aviation générale dotée d’une règlementation de plus en plus complexe, contraintes diverses pour les pilotes privés, raisons économiques, vieillissement des pilotes avions (moyenne 62 ans) et faible intérêt des jeunes pour le pilotage d’avions légers …

Mais attention amis ULMistes, le tableau n’est pas idyllique pour autant !

Quand je regarde les anciennes revues datant de 20 ans, notre “monde” ULM a bien changé ; il n’existe pratiquement plus aucun 3 axes de l’époque ! Où sont passés les Chickinox (Dynali), Mustang (TechnicMoto), Balerit (Mignet), Albatros (Aviasud), Weedhopper AX 3 (Ultralair), Baroudeur (Mudry Avions), Sunny (Tandem Aircraft), JC 300 (Arno Chéreau), Epervier (Epervier Aviation) ? Coté pendulaires, le constat est identique…

C’est simple, 20 ans après, il reste en 3 axes : Ets Humbert Aviation (Tétras, Moto du Ciel), QuickSilver Aircrafts (le fameux Quick), l’IKarus Comco, le XAir (dérivé du Weedhopper AX 3) ainsi que Air Création, DTA et quelques autres pour les pendulaires.

D’accord, certains vont dire qu’une sélection “naturelle” a été effectuée (dépôts de bilans, appareils dangereux etc…) et que c’était nécessaire.

Mais si je regarde les prix des appareils 20 ans auparavant, on pouvait acheter un AX-3 avec moteur Rotax 582 pour 85 000 francs de l’époque (12 960 €) , un biplace QuickSilver motorisé avec un Rotax 503 pour 62 800 francs (9570 €) ou une Moto du Ciel contre un chèque de 135 000 Francs (20 600 €) . Le haut de gamme de l’époque ne dépassait pas 250 000 francs (38 000 €) avec le Tétras 912.

Vingt ans après, les multiaxes sont devenus de superbes appareils aussi bien ou parfois mieux que les avions légers certifiés, plus rapides, aussi confortables, aussi performants ..mais tout ceci se paye très cher ; à la louche, le 3 axes “simili-avion” coûte plus de 50 000 euros + équipement optionnel quasi indispensable tels que transpondeurs, GPS radio… ce qui fait vite grimper l’addition !

En 20 ans, les ULM sont devenus de vrais “avions ultralégers” ! Mais qui peut s’offrir un appareil multiaxes à 65 000 € ou même dépassant les 100 000 € pour certaines machines ?

C’est certain, ce n’est pas à la portée de bourse des jeunes qui démarrent dans la vie active ! Ceci explique peut-être la progression de 38 % des paramoteurs dans le parc ULM français …mais également le nombre de “cheveux blancs” présents sur les terrains (et j’en fais partie !)

Oui j’apprécie le confort et le plaisir d’être installé dans un confortable 3 axes avec le chauffage l’hiver (ou vendu comme tel !), de pouvoir voler par des conditions plus marginales qu’autrefois avec un Weedhopper, de pouvoir transiter au-dessus d’aéroports importants avec un transpondeur…mais voilà, cela devient un sport de luxe qui n’est plus à la portée de tous.

J’espère pour les anciens du “monde ULM” que cet article vous aura rappelé des souvenirs… et pour les plus jeunes que vous aurez fait connaissance avec certains noms d’appareils aujourd’hui disparus des terrains !

Longue vie à l’ULM et bons vols…

Alain BLIEZ

* Beaucoup de pilotes n’ont pas continué “l’aventure” après obtention du Brevet et d’autres ne sont pas ou plus Fédérés

Source : ULM Actualité
http://www.ulm-actualite.info/index.php/aviation-legere-sportive-statistiques-evolution

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