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Bienvenu sur le blog de Nord Charente ULM, le blog des passionnés d'aviation et plus particulièrement des ULM. Venez nous rejoindre et découvrir la passion du vol.

Le blog de Nord Charente ULM

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Le facteur humain

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L’étude du facteur humain dans la gestion des accidents de l’aviation générale remonte à 1977 à la suite d’une collision entre deux avions sur l’aéroport de Ténériffe. Les deux pilotes étaient des professionnels qualifiés. Leur expérience ne pouvait être mise en doute.
Une enquête réalisée au début des années quatre-vingt sur les causes des accidents mortels a révélé que le facteur humain intervenait dans plus de 90% des cas. Il est donc important de comprendre comment, pourquoi et quand le facteur humain est impliqué dans ces accidents et ainsi avoir les moyens de mieux prévoir son rôle afin d’être plus efficace au niveau de la prévention.
Le facteur humain est la contribution humaine impliquée dans un événement. Il concerne également en psychologie les mécanismes qui existent entre ce qui est perçu par l'homme et ses réactions conscientes ou inconscientes qui en découlent. Par exemple, l'émotion, l’angoisse, la peur, le stress, font intervenir de nombreux éléments mis en mémoire et notamment son vécu.
On lui associe aussi l’idée de faute ou d'erreur humaine.
Qu’est-ce qu’une erreur ?
C’est l’action ou l’inaction du pilote qui donne lieu à des écarts par rapport aux intentions ou attente en termes d’organisation ou du vol.


La nature de l’erreur


Il semble que l’erreur soit une constante de tout comportement humain, on peut aujourd’hui identifier différents types d’erreurs. La connaissance de ces types d’erreurs devrait nous montrer où porter nos efforts pour les éviter ou, pour en modifier les conséquences néfastes.
L’erreur peut se produire de plusieurs façons. Elle prend des formes diverses :
- fausses sensations dues à une stimulation insuffisante ou affaiblie des organes sensoriels,
- trous de mémoire,
- erreurs de raisonnement suite à un stress important, les qualités d’analyse sont amoindries,
- erreur de routine, elles concernent les séquences d'action effectuées régulièrement. Il faut donc utiliser des check-lists en prenant son temps et en se concentrant sur ce que l'on fait.
- erreurs de règle : elles consistent soit à appliquer une procédure ou une solution inappropriée face à un évènement.
On peut faire une distinction suivant que l’on est en présence d’un comportement d’un pilote bien formé ou non. On dit souvent que la formation règle les problèmes d’erreur humaine, du fait qu’un comportement éduqué permet d’accomplir la série d’actes requis sans nécessiter une attention particulière, il suffit de reproduire ce que l’on a appris. L’avantage est qu’un tel comportement, demande peu d’efforts de la part du pilote qui peut faire autre chose en même temps par exemple, parler en pilotant et planifier les actes suivants de son vol. Malheureusement, si de meilleures compétences rendent de nombreux types d’erreurs moins probables, elles en rendent d’autres plus probables.
Les erreurs commises par un pilote bien formé sont dues bien souvent à la distraction, à de la négligence, à des gestes involontaires ou à des défaillances et sont généralement associées à un manque de concentration. Le pilote a tellement confiance en lui, que rien ne peut lui arriver….


Les modèles d’erreurs humaines


On distingue les erreurs commises par un pilote éduqué (ratés, lapsus, oubli du savoir-faire ou actes involontaires) et celles commises par un pilote mal formé : ce sont les fautes.
Les fautes sont de deux types:
• les fautes dues au non-respect des règles, lorsque le comportement suppose l’application de certaines règles. Elles résultent d’une mauvaise application des compétences.
• les fautes par manque de connaissances, lorsque l’intéressé n’a ni la compétence ni la solution à appliquer.
Il est démontré que les erreurs par oubli du savoir-faire (mauvaise application des compétences) étaient les plus fréquentes. Le pilote savait mais ne l’a pas appliqué…..
D’autres menaces sont à la fois des sources d’erreur dans l’enchaînement des événements conduisant immédiatement à l’accident.
La météo,
L’environnement,
L’équipement et la technologie de plus en plus complexe de l’appareil,
La qualité de la formation
L’état de santé du pilote,
Les qualités et les performances de l’appareil
Il faudra au pilote gérer ces évènements qui se produisent en dehors de son influence et qui augmentent la complexité du vol.
Ainsi pour réduire les risques d’accident, lors de son vol, le pilote aura donc à :
- Anticiper ses erreurs : pré vol, check-lists, documentation à jour et à porter de main.
- Détecter les erreurs qu’il est en train de commettre : rester vigilent sur le déroulement du vol, le respect des règles.
- Récupérer ses erreurs : parfaite connaissance des procédures et mise en application de son savoir-faire.
On sait que le pilote durant son vol aura à faire face à : 4 menaces, 3 erreurs dont 2 sans conséquence et 1 violation des règles. C’est la loi du 4, 3, 2 ,1.


Pour se prémunir de ces erreurs : Il faut appliquer le S H E L L.


S = Source d’information : c’est la connaissance de la documentation, de la législation en vigueur, (cartes, zones, fréquences radio etc,)


H = High Tech. de l’avion : C’est l’interprétation des écrans et alarmes du tableau de bord de l’avion, la connaissance des capacités et performance de l’appareil


E = Environnement : la nuit, le jour, la météo, le survol des forêts, le parcours maritime, ou le passage d’un col etc…


L = L’assistance : savoir sur qui l’on peut compter : le co-pilote – le SIV en cas de besoin


L = La formation personnelle du pilote : ses compétences, son expérience, ses capacités physiques, son sens des responsabilités, son humilité.


Avant de décoller, pour être sur de réduire les risques de menaces et d’erreurs il faudra donc :


- Faire une bonne prévol de l’appareil, l’étude sérieuse de l’itinéraire, de la météo, des zones, des notams, connaitre le besoin en carburant selon la durée du vol, l’heure du coucher du soleil, le briefing du passager etc…
Et si l’itinéraire emprunte un passage de col élevé, s’assurer des performances de l’appareil, s’enquérir de la météo locale, de la force et direction du vent, de la capacité physique du pilote, etc...


CONCLUSION :
Un pilote expérimenté peut avoir un nombre d’heures de vol important sans pour autant avoir appris. On peut être champion du monde de voltige et se tuer avec sa famille à bord d’un petit avion de tourisme. (Renaud Ecalle le 3/10/2010)
Un pilote compétent c’est quelqu’un qui a des compétences avérées, qui a de l’expertise et qui sait se remettre en cause.
Les accidents sont tous une reconstitution d’évènements connus et sont malheureusement la conséquence de problèmes comportementaux, donc théoriquement ils devraient être évités.

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