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Bienvenu sur le blog de Nord Charente ULM, le blog des passionnés d'aviation et plus particulièrement des ULM. Venez nous rejoindre et découvrir la passion du vol.

Le blog de Nord Charente ULM

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L'avion charentais qui branche Montebourg

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Une PME basée à côté de Royan fabrique le prototype d'un avion électrique n Une première, retenue parmi les trente-quatre plans d'Arnaud Montebourg n Il devrait être produit en série d'ici trois à cinq ans.

Ils ont l'air de ces petits génies qui bricolaient des ordinateurs dans leur garage au tout début des années 80. Sauf qu'eux, ils se sont posés dans la zone industrielle de Saint-Sulpice-de-Royan, dans un hangar de tôles à une heure de Cognac, pour inventer l'avion de demain.

Tee-shirts d'adolescents sur le tard, faux airs de geeks absolus et passionnés jusqu'au bout des ongles, Francis Deborde et Didier Esteyne, respectivement gérant fondateur et directeur technique de la société Aéro Composite Saintonge (ACS), sont encore sur leur petit nuage. Malgré la réalité de la ruche qui s'affaire autour d'eux presque vingt-quatre heures sur vingt-quatre au milieu d'un joyeux capharnaüm très organisé. Malgré la réalité de l'engin qui prend forme sous leurs yeux et qui accomplira bientôt son premier vol d'essai.

Leur E-fan, ce biplace tout électrique premier du genre, monté en partenariat avec le géant EADS (Airbus), a tapé dans l'oeil d'Arnaud Montebourg. Le ministre du Redressement productif en a fait l'un de ses "trente-quatre plans de reconquête industrielle" présentés mi-septembre en tandem avec François Hollande.

"Cet avion a vocation à être fabriqué en série pour être proposé aux écoles de pilotage", s'enthousiasme le duo. Il est question pour cela de construire d'ici "trois à cinq ans" une usine en Gironde, de faire travailler des industries du coin pour les matières premières, y compris peut-être la Saft de Nersac (lire l'encadré).

Silencieux

et économique

Avec ses 9,50 mètres d'envergure, l'E-fan pourra voler jusqu'à 220 km/h et tenir une heure sur ses réserves, ce qui est adapté aux vols d'apprentissage. Le coût exorbitant des batteries, plus autonomes, empêche pour l'instant d'aller plus loin. "En tout cas, l'appareil suscite beaucoup d'espoirs. D'abord parce qu'il ne provoque aucune émission de CO, explique Didier Esteyne. Ensuite parce qu'il permet de contourner l'interdiction de voler, certains jours, à proximité des villes à cause du bruit des moteurs thermiques." Facile à recharger - d'une à quatre heures en fonction de la prise -, l'avion se veut aussi sacrément économique: "Moins de 2 euros d'électricité contre 36 à 40 euros par heure pour des carburants fossiles."

Tout a commencé par un rêve. Celui de Didier Esteyne, "plus ingénieux qu'ingénieur". À peine sorti des Beaux-Arts, il "tourne mal", comme il dit, et se met à l'aviation. Pilote très calé en technologie, il ambitionne bientôt de révolutionner la propulsion. "Je voulais depuis longtemps mettre au point un avion électrique. Mais à l'époque, l'autonomie des batteries ne le permettait vraiment pas. Mes finances non plus d'ailleurs."

La rencontre avec Francis Deborde est déterminante. Un projet commun de dirigeable lenticulaire, commandé par "un riche américain" et parrainé par le frère de l'actrice Josiane Balasko, attire l'attention d'EADS sur le savoir-faire de la PME saintongeaise. Conquis, le père de l'Airbus lui propose de réfléchir au Cri-Cri, "le tout premier quadrimoteur de voltige tout électrique au monde". C'est une réussite, l'engin est présenté au salon du Bourget en 2011, la référence en matière d'aéronautique. "À partir de là, tout s'enclenche", dit Francis Deborde, pas fâché de cette aubaine inespérée. "Il était risqué, présomptueux et difficile de commencer par une grosse machine, éclaire Didier Esteyne. En fait, le Cri-Cri nous a servi de laboratoire, il nous a démontré que c'était possible."

Essai de vol mi-octobre

Depuis, c'est l'effervescence. Une dizaine de personnes sont à pied d'oeuvre pour finaliser l'avion, présenté inachevé mais suffisamment séduisant au Bourget en juin dernier. "C'est là qu'Arnaud Montebourg l'a découvert et que l'aventure a pris un tournant décisif", se réjouit Francis Deborde.

L'entreprise saintongeaise poursuit son travail de fourmi avec la complicité technique d'EADS et de plusieurs partenaires picto-charentais: Critt Matériaux, ISAE-Ensma, Pprime ou encore C3T. Sur le papier et devant le souffleur, où une maquette de 1,75 mètre d'envergure a subi quelques acrobaties, tout est nickel. "Reste maintenant à vérifier l'essentiel: que l'avion vole sans problème." L'essai est prévu aux alentours de la mi-octobre. Dans l'atelier de Saint-Sulpice-de-Royan, la pression est à son comble.

Source : Charente Libre

http://www.charentelibre.fr/2013/10/01/montebourg-pret-a-embarquer,1858070.php

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