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7 Septembre 2011
Le pilote de l'autogire qui s'est crashé vendredi soir à Birac revient sur son angoissante chute. Le retraité pense cesser le pilotage.
Marc Desvars s'est remis de sa frayeur de vendredi soir. Des coupures sur le bras et au front. Quelques points de sutures et un autogire complètement détruit. C'est ce qui reste d'une soirée en forme de promesse d'agréable balade au dessus de la campagne charentaise. Vendredi, vers 20h, ce septuagénaire de Birac, viticulteur à la retraite, était aux commandes de l'autogire qui s'est crashé dans un champ de la commune, au lieu-dit chez Jeannot.
Pour CL, il revient sur ces quelques minutes qui devraient mettre un terme à sa carrière de pilote.
Que s'est-il passé exactement, vendredi soir ?
Marc Desvars. C'est simple, il faisait beaucoup trop chaud. On avait pourtant attendu une bonne partie de l'après-midi. Et comme on a plus le droit de voler après 21h30, on a décidé de décoller vers 20h. Mais l'air était encore beaucoup trop chaud. Après, c'est physique: plus l'air est chaud, moins il "porte" l'appareil. Du coup, on arrivait pas à s'élever correctement. Et en face, il y avait une ligne électrique.
C'est pour l'éviter que vous avez donc engagé un demi-tour ?
Oui. La ligne était en face et je voyais que nous ne prendrions pas assez d'altitude pour passer au dessus. Or, c'est interdit de passer en dessous. C'est trop dangereux. J'ai donc engagé un demi-tour, ce qui est interdit aussi. Il faut toujours aller devant. Entre deux maux, j'ai choisi le moindre.
Pourquoi l'appareil a-t-il décroché lors du demi-tour ?
C'est mécanique. Quand on fait demi-tour, l'autogire s'enfonce toujours. Or, s'il y a pas assez d'altitude, et bien on tape le sol. On s'est enfoncé de 15 à 20 mètres. Mais pas d'un seul coup: un autogire ne tombe pas. Il s'est enfoncé, doucement, jusqu'à ce qu'on touche le sol.
La chute n'a pas été trop angoissante ?
Non. Je panique pas. J'ai déjà eu des pannes moteur, je m'étais posé dans des champs. Dans ces moments-là, il faut gérer, au mieux. Quand on a touché, le premier objectif, c'était de sortir le plus vite possible. Il y avait une fuite d'essence. Si on sort pas rapidement, on peut griller comme Jeanne d'Arc. Donc on a filé.
Comment allez-vous ?
J'ai quelques coupures de rien. Je suis resté une demi-heure à l'hôpital de Barbezieux, le temps des sutures. Mon ami Marcel Illand est encore hospitalisé à Girac [entretien réalisé hier matin, ndlr]. Il a quelques côtes cassées.
Depuis combien de temps êtes-vous pilote ?
Je fais de l'autogire depuis 12 ans. J'ai piloté quand j'étais jeune mais après, avec le travail, je n'avais pas le temps. Au moment de la retraite, j'ai repris. Pour m'amuser. Le problème de ces appareils, c'est qu'il ne faut jamais mettre les pieds dedans: sinon, on ne veut plus en descendre.
Allez-vous revoler ?
Non. J'ai 72 ans, faut savoir arrêter. Je me suis bien amusé, j'ai vu des choses magnifiques. En autogire, je suis allé jusque dans le sud du Maroc. On a fait les Pyrénées, l'Atlas... Je suis aussi allé en Italie, au Mont-Blanc. J'ai vu des choses extraordinaires. Maintenant, il faut savoir dire "Stop".
Plusieurs manquements aux règles de sécurité
Après les premières constatations effectuées vendredi soir par les gendarmes de la communauté de brigades de Jarnac, les enquêteurs de la brigade de gendarmerie de transports aériens de Bordeaux Mérignac ont pris le relais, samedi matin, pour définir les circonstances exactes de l’accident. Leurs constatations et les différentes auditions réalisées leur ont permis de relever plusieurs manquements aux règles de sécurité: «Non-respect des conditions fixées pour le décollage sur une piste non conforme, la radio de bord n’était pas conforme et le document de navigabilité était périmé». L’équipage, en outre, ne portait pas de casque. Pour l’instant, le Parquet n’a pas encore décidé des suites à donner à ces manquements constatés. Le dossier sera transmis pour étude au procureur de la République.
Source : Charente Libre