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16 Août 2011
Claire Belluteau vient de terminer première féminine du dernier Tour de France aérien des jeunes pilotes. Un bel aboutissement pour cette jeune Cognaçaise passionnée d'aéronautique.
Le plancher des vaches, trop peu pour elle. Claire Belluteau, c'est le ciel, l'altitude. Son dada, l'aviation, son chouchou, le Robin DR 400, l'emblématique monomoteur des aéro-clubs. C'est sur cet appareil que cette jeune Cognaçaise de 24 ans a décroché le trophée de la première féminine lors du dernier Tour de France des jeunes pilotes qui s'est achevé le 30 juillet dernier.
Une distinction de plus pour les «Ailes cognaçaises» (1), le club dont elle est adhérente et qui lui a prêté l'appareil. Un bel aboutissement pour cette passionnée d'aéronautique, heureuse et fière de son trophée, mais qui garde le cap. Elles n'étaient que quatre femmes en lice dans cette épreuve de navigation de précision dont elle a pris la 23e place au général. «Nous sommes rares dans la discipline, trop rares, regrette-t-elle. Elle reste encore l'apanage des hommes».
Une sélection sévère
Sa performance n'en est pas moins belle avec quarante-cinq concurrents en compétition. ça laisse beaucoup de testostérone à la traîne, loin derrière son fuselage. Plus encore si l'on compte les quarante-cinq autres recalés lors des épreuves de sélection.
Une participation au Tour de France des jeunes pilotes, ça se gagne. Il ne suffit pas de posséder son brevet pour y prétendre.
Aux épreuves pratiques de navigation s'ajoutent des épreuves théoriques sur trois jours avec entretiens individuels et présentations de sujets face à un jury. La sélection est sévère. Relative aux exigences demandées ensuite aux pilotes admis lors de la compétition finale. Lors des six étapes de liaison à parcourir, soit 3.200 kilomètres en dix jours pour quinze heures de vol au total, les épreuves sont difficiles et nombreuses. Toutes sont notées. Scrutées avec minutie par les organisateurs à l'aide de l'enregistreur de vol, «un vrai mouchard», sourit la jeune femme.
Un rêve de petite fille
Il y a la navigation, «sur la base de points précis à trouver, un château d'eau, un pylône ou une intersection.» Le temps de liaison, les exercices de maniabilité, le vol en binôme, «auxquels s'ajoutent les exercices théoriques, au sol, comme l'estimation de carburant pour faire le parcours, ou l'altitude à respecter par exemple». 2.500 à 3.000 pieds en moyenne pour des monomoteurs de ce type. Soit environ 900 mètres, «Ce qui explique pourquoi on n'a pas de parachute, on n'aurait pas le temps de s'en servir», sourit-elle quand, en novice, on lui soumet cette question.
Pour autant, le danger, Claire Belluteau n'y pense pas. Tant qu'elle tient le manche, ça va. «Je suis moins tranquille dans un avion de ligne», jure-t-elle.
Ses parents, en revanche, y pensent. Pourtant, ce sont eux qui lui ont donné le virus. A force de l'emmener admirer, petite fille, les avions sur la BA 709 de Cognac-Châteaubernard près de laquelle ils vivent. Tout simplement. Elle leur dédie d'ailleurs son trophée: «Mes parents m'ont ouvert la voie d'un rêve qu'ils m'ont permis ensuite de concrétiser. Pour cela, je ne saurai trop les remercier. Sans eux, je n'aurai jamais pu voler.»
Et voler, Claire Belluteau ne peut plus s'en passer aujourd'hui. «On est tellement bien là-haut. on voit des choses incroyables parfois. On se sent libre, un bonheur.» Son petit coin de paradis.
(1) L'équipage Stéphane Aubry-Kevin Ropars a décroché le titre de champion de France de rallye aérien catégorie honneur en juin dernier.
Source : Charente Libre