Bienvenu sur le blog de Nord Charente ULM, le blog des passionnés d'aviation et plus particulièrement des ULM. Venez nous rejoindre et découvrir la passion du vol.
27 Octobre 2012
Le pilotage en montagne, qu’il soit un avion ou un ULM , est une discipline exigeante qu’il faut aborder avec sérieux, prudence et beaucoup de modestie. Ce type de
vol impose au pilote une vigilance de tous les instants, et comme je dis souvent « il ne faut pas dormir ! ».
Chez le pilote non habitué à l’environnement montagneux, les perceptions sensorielles peuvent être largement trompeuses par la présence du relief et conduire le pilote à certaines actions de pilotage non adaptées. Ne serait ce que par rapport à l’horizon : en plaine, l’horizon est bien visible , mais en montagne cette référence n’existe plus. Ainsi, conserver ses ailes bien horizontales et la bonne assiette de vol devient plus difficile. Les effets du vent sur les reliefs modifient les paramètres de vol…
Un contrôle fréquent du variomètre et du badin est indispensable. D’une part , le pilote va assurer une veille extérieure pour percevoir les obstacles et les trafics. En effet il y a parfois beaucoup de monde en vol en montagne…comme par exemple dans le Massif du Mont Blanc ,véritable destination touristique pour les pilotes de plaine qui viennent avec des copains admirer le toit de l’Europe mais qui n’ont aucune expérience du vol en montagne…attention danger !
D’autre part , il faut que le pilote montagne détecte les variations de trajectoires en particulier dans le plan vertical pour
savoir si « ça pompe ou ça dégueule ». Ainsi
face à une paroi, le pilote tire inconsciemment sur le manche et à l’inverse exerce une action à pousser quand il s’éloigne du relief. Le survols de reliefs en pente douce conduit souvent le
pilote à placer son appareil parallèle au sol , et les pentes étant généralement plus fortes que le taux de montée de l’aéronef, la vitesse va diminuer progressivement sans perception immédiate …
En montagne , il faut que le pilote reste toujours vigilant sur le maintien de la vitesse et se garde en permanence une « porte de sortie » pour s’échapper vers le bas , en gardant à l’esprit que les rayons de virage augmentent fortement avec l’altitude !
Bien sûr ,il faut connaître les performances de son ULM en altitude ! Avec l’altitude, la puissance moteur, portance, rendement de l’hélice vont en diminuant…Par exemple , si à une altitude de 6000 pieds ( majorité des altiports ) votre ULM préféré réagit encore bien, sachez que votre vario est en diminution de 50 %.
Concernant la baisse de la puissance des moteurs, il faut
se rappeler que la puissance baisse d’environ 10% par tranche de 1000 mètres. Ainsi pour un avion doté d’un moteur de 180 Cv , à une altitude de 6000 pieds , ce moteur ne délivrera plus que 140
cv ..et votre Rotax 80 Cv se transformera en Rotax 64 Cv..Pas la même chose qu’en plaine !
Avec l’altitude , il y a une augmentation de la Vp ( Vitesse Propre ) par rapport à la vitesse lue sur votre anémomètre. Ainsi, toujours à 6000 pieds, il faut multiplier la Vitesse Indiquée par 1,09 pour obtenir la Vp soit une augmentation de 10% . Si le badin indique 120 km/h , votre appareil va voler à 132 km/h par rapport à la masse d’air..et conséquence directe de cette augmentation de Vitesse Propre = majoration de votre rayon de virage à Vi indiquée = prévoir un volume d’évolution plus grand quand l’altitude s’accroît ! Ne pas se faire coincer dans un fond de vallée …
Loin de moi l’idée de vous démoraliser sur le vol en montagne, bien au contraire ! L’idée est de vous faire toucher du
doigt que le vol en montagne est à la portée de tout
pilote « un peu expérimenté » , je veux dire qui s’affranchit du pilotage de base pour se consacrer à son environnement et ses particularités. Tout s’apprend , souvenez vous de vos débuts : vous
n’arriviez pas à tenir un palier mais avec de l’entrainement et les conseils avisés de votre instructeur..c’est devenu la routine !
Pour les pilotes non habitués à voler dans les reliefs , les choses sont différentes d’un vol « standard » sur la campagne mais cela s’apprend tout aussi bien qu’à tenir un palier en campagne pour un élève pilote.
L’ AFPM et la FFPLUM ont rassemblé leurs compétences pour créer le Label Montagne qui est un cursus destiné aux Instructeurs « spécialisés montagne ». Une trentaine d’instructeurs labellisés sont répartis entre les Pyrénées, les Alpes du Nord ou du Sud et le Massif Central. Ils sont à votre disposition pour partager avec vous leurs compétences, leurs connaissances du vol en montagne. Et si vous n’êtes pas proche d’une région montagneuse , pourquoi ne pas vous rendre sur place et faire un stage. Certains centres sont spécialisées comme par exemple sur l’aérodrome de Sallanches ou de Romans, Gap…
Que ce soit dans le massif de l’Oisans pour voir les chamois ou au dessus de la baie du Mont Saint Michel , volez toujours en sécurité , c’est finalement l’essentiel qu’il faut retenir !
Bons vols (PASSEZ LE POINTEUR DE LA SOURIS SUR LES PHOTOS POUR LES INFOS)
Alain BLIEZ